Pornpen Khongkachonkiet,Thaïlande

Malgré les menaces de plus en plus fréquentes des autorités, Pornpen Khongkachonkiet, directrice de la Cross Cultural Foundation, continue d’aider les communautés marginalisées, en particulier les victimes de torture et leurs familles dans le sud de la Thaïlande, à accéder à la justice. Elle soutient également les efforts des communautés pour lutter contre la culture généralisée d’impunité.

« L’activisme communautaire est important. Il y a des personnes dans la communauté que les militaires écouteront – Imams, avocat•e•s et enseignant•e•s. La communauté est en réalité une entité puissante pour réduire la torture. »

Pornpen, ou Noinoi comme on la surnomme affectueusement, est aussi montée au front dans le cadre d’une campagne nationale visant à faire de la torture une infraction pénale en Thaïlande. Cette procédure est toujours en suspens, mais le travail de campagne a accru son engagement à prévenir la torture et à établir une coopération entre la Cross Cultural Foundation et l’APT.

En 2013, Noinoi a passé six mois à Genève en tant que première membre associée pour l’Asie-Pacifique. Son expérience avec l’APT a constitué un remarquable voyage d’apprentissage, qu’elle est impatiente de partager avec ses partenaires locaux en Thaïlande. Entre autres choses, elle rédige actuellement un manuel sur la surveillance des conditions de détention pour la société civile dans le sud de la Thaïlande.

« Les groupes locaux – à juste titre – ont tendance à agir au coup par coup. Mais cela peut être néfaste et réduire leur crédibilité. Ils ont besoin d’être mieux informés sur les moyens de financer leur travail, en particulier face aux urgences, et sur les actions légitimes qu’ils peuvent mener. »

L’OPCAT reste un outil important pour traiter les problèmes relatifs aux droits humains dans les lieux de détention. Noinoi est convaincue que son pays ratifiera bientôt le traité. C’est seulement alors, dit-elle, que les autorités et la société civile thaïlandaises seront pleinement en mesure de prévenir la torture.

« Je souhaite à présent aider à renforcer les compétences des avocat•e•s, des ONG et des familles. Avec des connaissances et des compétences améliorées, nous pourrons instaurer un dialogue plus constructif avec les autorités, lequel, au bout du compte, peut mener à des réformes structurelles assurant à l’avenir un meilleur traitement pour toutes les personnes privées de liberté. »

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